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Portraits de décorés

Joseph Joffre

Joffre (1852-1931) est l’un des héros de la Première Guerre mondiale. D’origine modeste, il incarne l’idéal de promotion sociale de la République. Il est le vainqueur de la bataille de la Marne, celui qui sauva la France de la défaite face à l’inexorable avancée germanique lors des premières semaines du conflit.

Né le 12 janvier 1852 à Rivesaltes, Joseph Joffre intègre Polytechnique en 1869. Sous-lieutenant, il est artilleur à la défense du camp retranché de Paris en 1870. Il dirige par la suite la modernisation de forts puis acquiert une grande expérience, notamment dans la construction de chemins de fer dans les colonies françaises (Soudan, Madagascar). A son retour en France, il devient directeur du Génie au ministère de la Guerre en janvier 1904 et prône l’utilisation du train dans les mouvements de troupe.

En juillet 1911, il est nommé chef d’état-major général (c’est-à-dire qu’il est à la fois celui qui prépare l’armée à la guerre et qui la commandera en temps de conflit). Ce cumul des responsabilités donne à Joffre les moyens de transformer l’armée française dans les années qui précèdent 1914. Sous son commandement, l’aéronautique militaire devient un service autonome. Mal structurée jusque-là, l’artillerie lourde est organisée. Il propose un nouveau plan d’opérations, le plan XVII (1913) qui prévoit une concentration des troupes permettant de faire face à plusieurs hypothèses d’attaques allemandes, en Lorraine et en Belgique.

Joffre devient commandant en chef des armées françaises du Nord-est, le 2 août 1914. Après l’invasion allemande de la Belgique, une violente bataille désastreuse pour les Français se déroule sur la frontière. Les Allemands pénètrent dans le Nord, menaçant Paris. Joffre organise la contre-offensive et conduit la bataille de la Marne, du 6 au 13 septembre 1914. La guerre de positions commence ensuite. Devant cette nouvelle forme de conflit, il exige une forte augmentation de la production de munitions et d’artillerie lourde. Mais les grandes offensives de 1918 en Artois et en Champagne, très meurtrières, n’entraînent pas la percée attendue. Certains reprochent à Joffre l’enlisement et son style autoritaire. En décembre 1916, Lyautey, ministre de la Guerre, lui confie le « rôle de conseiller technique ».

Joffre reste néanmoins à la disposition du gouvernement pour des missions ponctuelles. Du 24 avril au 15 mai 1917, Joffre se rend comme conseiller militaire aux Etats-Unis, qui viennent d’entrer en guerre. Partout accueilli chaleureusement, il poursuit sa tournée au Canada. A la sortie du conflit, c’est lui qui ouvre, avec Foch, le défilé de la victoire le 14 juillet 1919. En 1920, il entre au conseil supérieur de la Guerre, récemment recréé, où il est maintenu jusqu’à son décès le 3 janvier 1931. Ses dernières années sont consacrées à la rédaction de ses Mémoires. De nombreux honneurs sont décernés au vainqueur de la Marne : le 14 février 1918, il est élu à l’unanimité à l’Académie française.

Illustration © MLH