Magali Jobert

Chevalier de la Légion d'honneur depuis 2024, Magali Jobert a débuté comme mécanicienne aéronautique. A force de travail, elle encadre aujourd’hui la cohérence industrielle des produits Equipements et Aérostructure au sein du Groupe AF KLM E&M.

Quel est votre parcours ? 

J’accompagnais souvent mon père, mécanicien aérien, car je voulais comprendre comment un avion pouvait voler. Quand j’ai voulu faire ce métier, j’ai suivi une formation passionnante où j’étais la seule fille. 

Diplômée en 1997, je suis devenue mécanicienne chez Air France Industries. Certains collègues masculins me faisaient comprendre que je n’avais pas ma place mais ma force de travail et ma montée en compétences m’ont légitimée. 

Après 6 ans, je me suis formée pour intégrer le bureau technique puis j’ai été support client pour les compagnies tiers. J’ai ensuite repris des études d’ingénieure et travaillé à l’industrialisation Moteurs. J’ai dirigé une unité de maintenance avion hangar puis en piste à l’aéroport d’Orly. En 2021, j’ai été nommée déléguée générale de l’Association pour la Formation aux Métiers de l’Aérien. 

Aujourd’hui, je supervise la gestion et la performance industrielle des pièces avion pour l’ensemble du network Air France Industries KLM Engineering & Maintenance.

Que faites-vous pour l’intérêt général ?

Je suis engagée pour la promotion des métiers de l’aéronautique, en particulier les métiers industriels. Je marraine des jeunes, surtout des filles qui représentent moins de 10% des mécaniciens. 

J’accompagne aussi l’aviation vers des pratiques plus écologiques. Les recherches sont abondantes mais les moteurs d’avions sont conçus pour durer 25 ans donc le changement n’est pas immédiat. Aujourd’hui, les usagers sont beaucoup plus attentifs à leurs émissions mais ils traverseront toujours les océans donc à nous de trouver des solutions. 


Que représente pour vous la Légion d'honneur ?  

Au-delà de la surprise, j’ai été très fière de voir mon parcours reconnu. J’ai commencé en bas de l’échelle de production et j’ai beaucoup travaillé pour avoir ma place. Cette décoration m’aide aussi à porter mon discours et à défendre les métiers industriels aéronautique mais je me dois en retour de rester digne d’elle.