Reporter de guerre depuis plus de 50 ans, Patrick Chauvel a couvert de nombreux conflits, au péril de sa vie. Pour son travail au service de l’information, il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2025.
Quel est votre parcours ?
De nature aventurière, je voulais vivre l’Histoire or, elle composée de guerres. A 17 ans, en 1967, je suis parti en Israël en 1967 car la guerre allait éclater. J’avais un appareil mais je ne savais pas l’utiliser donc les photos sont toutes ratées !
C’est au Vietnam que je suis réellement devenu journaliste. Ensuite les conflits se sont enchaînés. Je préfère partir seul car lorsque l’on est un groupe de journalistes, nous ne nous mélangeons pas avec les militaires. J’ai besoin d’être à leur contact pour comprendre leur état d’esprit.
Aujourd’hui, j’effectue toujours des reportages sur le terrain pour des commandes ou en indépendant. C’est un métier difficile qui incombe une grande responsabilité, celle d’informer les autres.
Que faites-vous pour l’intérêt général ?
Aujourd’hui, les journalistes sont parfois pris pour cibles car nous disons une vérité qui peut gêner. Il y a aussi la question de l’abondance des images. Nous devons tout vérifier car elles peuvent êtres fausses ou filmées par une personne qui n’est pas neutre.
En 2014, j’ai créé la Fondation d’archives Patrick Chauvet. Elle Il raconte l’Histoire à travers mes photographies. Lors d’un reportage, je photographie tout mais je sélectionne ce que je donne à la presse car je ne veux pas que mes photos deviennent des images à sensations. Je préfère que cette documentation serve à des tribunaux en temps voulu. Je donne aussi des conférences dans les lycées et les universités car les jeunes sont les futurs décideurs. La paix n’est pas un acquis, il faut la protéger.
Que représente la Légion d'honneur pour vous ?
Ma surprise n’a eu d’égard que ma fierté. J’ai demandé au général Lecointre, grand chancelier de la Légion d’honneur, s’il voulait bien me remettre ma décoration car j’étais à Sarajevo lorsqu’il a donné son assaut., ainsi je trouvais cela fort. C’est une distinction que je partage avec tous mes collègues car c’est une reconnaissance de notre métier. Habituellement notre rôle de journaliste est de voir sans être vu mais pour une fois c’est l’inverse.