Yan Ropert-Coudert est ornithologue, spécialiste en écologie marine. Pour son investissement dans la recherche polaire, française et internationale, il a été nommé chevalier Légion d'honneur en 2024.
Quel est votre parcours ?
Je voulais faire de la biologie mais je me suis intéressé aux pôles par hasard. Lors de mon service militaire, j’ai demandé à être affecté à la station de recherche de Kerguelen pensant qu’elle se situait en Bretagne, mais j’ai en fait atterri dans un archipel subantarctique. C’est cette expérience qui m’a donné envie de me consacrer à cette zone.
J’ai ensuite effectué un doctorat sur les manchots à l’Institut de recherche polaire de Tokyo où je suis resté jusqu’en 2007 puis j’ai rejoint le CNRS. En 2010 j’y ai créé un observatoire centré sur ces oiseaux basé sur le bio-logging. Cela consiste à équiper les animaux d’instruments de mesure afin de suivre leur mode de vie et leur écosystème.
Après avoir dirigé l’Institut polaire français (2022-2025), je me consacre de nouveau pleinement à la recherche.
Je suis également engagé dans plusieurs instances internationales : le Scientific Committee on Antarctic Research, Antarctica InSync ou encore le Traité sur l’Antarctique.
Que faites-vous pour l’intérêt général ?
Les pôles sont des moteurs clefs des dérèglements climatiques et il est difficile de rester impartial lorsque l’on voit de tels changements. Ainsi je participe à porter notre message auprès des journalistes, des décideurs et du grand public.
Dans des comités internationaux, je coordonne des recherches communes. Plusieurs pays récoltent des données avec les mêmes outils, permettant ainsi d’obtenir des mesures holistiques. Nous travaillons ensuite conjointement pour les analyser et proposer des solutions.
Ce qui me rassure, c’est que lorsque j’étais enfant on ne parlait quasiment pas d’écologie. Aujourd’hui, la nouvelle génération s’en soucie. Je dis souvent à mes étudiants qu’il n’y a pas d’échelle d’action, chacun choisit d’agir ou non mais si tout le monde fait un petit effort cela fera bouger les choses.
Que représente pour vous la Légion d'honneur ?
Elle est venue par surprise mais je l’ai perçue comme un remerciement pour mon implication dans mon domaine. Je dirais que cela pousse les gens à m’écouter un peu plus, qu’elle soutient mon propos et mon combat.