Suzon Sainte-Rose a consacré 60 ans au Grand Ballet de Martinique. Pour son engagement en faveur des danses traditionnelles martiniquaises, elle a été nommée chevalier de la Légion d'honneur (2025) et de l’ordre national du Mérite (2002).
Quel est votre parcours ?
J’ai débuté la danse traditionnelle dès mon enfance après avoir insisté pour accompagner ma sœur à ses cours.
En 1966, l’office du tourisme a recruté un chorégraphe qui m’a aidée à transformer ma passion en métier. Mes parents souhaitaient que j’étudie la comptabilité en parallèle mais en 1967 j’ai décidé de me consacrer pleinement à la danse lorsque nous avons été sélectionnés pour nous produire au gala de New York. La troupe a alors pris de l’ampleur et nous avons été mobilisés pour de nombreuses manifestations comme les Jeux olympiques en 1972.
En 1978, je suis devenue directrice adjointe du ballet. Je continuais de danser et de créer des costumes, et j’ai commencé à composer. Neuf ans plus tard, j’ai pris la direction puis la présidence en 1996. Aujourd’hui, il y a 35 danseurs et musiciens bénévoles, dont certains sont là depuis plus de 20 ans !
Que faites-vous pour l’intérêt général ?
Depuis 80 ans, le Grand Ballet se bat pour préserver les traditions. Je suis fière de participer à cette transmission en montrant les danses traditionnelles de la Martinique, avec la troupe nous avons fait le tour du monde cinq fois !
Ce n’est pas facile car les nouvelles générations veulent moderniser. Il faut être ouvert aux évolutions, mais c’est important de garder en tête nos origines. Ainsi, je me rends régulièrement dans des écoles afin de sensibiliser les enfants.
Que représente pour vous vos décorations ?
J’ai reçu plusieurs décorations mais quand j’ai appris qu’on allait me décerner la Légion d'honneur, je n’y ai pas cru ! Je suis très fière de faire partie de tout ce que cette distinction représente et que l’on reconnaisse mon travail. Je dis merci à la nation.