Margo Rouard-Snowman n’a eu de cesse de mettre en lumière et de stimuler les créateurs et leurs réalisations. A travers de multiples projets, elle a permis au design graphique et design produits d’être reconnus. Un engagement qui lui a valu d’être décorée de la Légion d'honneur en 2024.
Quel est votre parcours ?
Formée en communication visuelle aux Arts Décoratifs, j'ai débuté dans des agences de publicité. En 1973, le conservateur du musée des Arts décoratifs m’a proposé de rejoindre son tout nouveau Centre de Création Industrielle (CCI) pour concevoir et réaliser des expositions ainsi que leur catalogue. Le CCI a été intégré au Centre Pompidou en 1973. Dans cette période de préfiguration et jusqu’à l’ouverture du public en 1977, il fallait tout inventer et j’avais une grande liberté créative.
Après un passage à la Cité des Sciences et de l’Industrie, pour préparer son ouverture au public, j’ai rejoint en 1983 le ministère de la Culture, à la délégation aux arts plastiques pour mener une politique sur le design. Je préparais les prises de parole du Ministre sur le sujet, des expositions, des spots publicitaires et j’ai conçu le décor du plateau de François Mitterrand pour son premier discours télévisé.
J’ai ensuite vécu à Londres mais j’ai poursuivi mon activité de professeure, aux Arts déco et j’ai écrit des livres sur le design. Plusieurs d’entre eux ont donné lieu à des expositions.
Que faites-vous pour l’intérêt général ?
J’ai souvent eu à défendre mes idées dans un entourage très masculin dans les réunions. J’ai toujours servi l’intérêt général à travers mes fonctions dans le secteur public. J’ai particulièrement œuvré à la diffusion du design par la promotion, l’organisation de concours de créateurs, les expositions, les publications et bien sûr l’enseignement.
Que représente pour vous la Légion d'honneur ?
C’est l’honneur le plus important que l’on puisse recevoir. J’ai été surprise d’être décorée mais je suis surtout heureuse que mes engagements permettent à cette discipline « design » d’être enfin reconnue. De nos jours, le vieux combat arts et arts appliqués s’estompe.