Johanna Brousse

Chevalier de l’ordre national du Mérite depuis 2024, Johanna Brousse œuvre pour traquer la cybercriminalité et faire évoluer la loi aussi vite que la technologie.

Quel est votre parcours ? 

D’abord orientée vers une préparation HEC après le lycée, j’ai vite arrêté pour faire du droit. Des stages m’ont alors donné envie de rejoindre l’école de magistrature. 

J’ai débuté comme substitut du procureur près la Cour d’appel de Paris, ainsi j’étais détachée dans différents tribunaux. Après cette expérience très formatrice, j’ai rejoint la permanence générale du Parquet de Paris en 2015. Un poste passionnant mais usant car vous vous rendez sur les scènes de crime avec la police. 

En 2017, j’ai voulu rejoindre la section en charge de la cybercriminalité. Elle n’était composée que de 2 personnes mais je voyais que la société se digitalisait et que ce sujet allait devenir majeur. Trois ans plus tard, j’en ai pris la tête et elle compte désormais 13 personnes.

 

Que faites-vous pour l’intérêt général ?

La lutte contre la cybercriminalité est devenue un enjeu national majeur. Aujourd’hui, elle est présente dans de nombreux dossiers. Nous voyons les organisations criminelles traditionnelles évoluer et se digitaliser elles aussi. Nous avons besoin d’une magistrature spécialisée. Nous coopérons avec d’autres instances de l’État et avec d’autres pays car l’information est partout. Si l’on veut être efficace dans notre lutte, il faut construire des ponts et unir nos forces.

Notre mission est aussi d’aider à faire évoluer les lois. Les textes sont parfois inadaptés à ces nouvelles formes de criminalité donc nous signalons les difficultés législatives rencontrées. Le droit ne doit pas devenir obsolète.


Que représente pour vous l’ordre national du Mérite? 

Quand j’ai reçu un message de félicitations, mon premier réflexe était de me demander quelle était cette nouvelle forme d’arnaque. Après, ce fut évidemment une grande fierté.

J’ai profité de ma cérémonie de remise de décoration pour honorer la mémoire d’Hélène Pignon, une amie magistrate décédée qui a eu un fort impact sur dans ma vie personnelle et professionnelle, ainsi que toutes les personnes qui m’ont accompagnée.