Frédéric Mazzella, chevalier de la Légion d'honneur et de l’ordre national du Mérite, a fondé BlaBlaCar, une plateforme qui met en relation des conducteurs avec des passagers. A travers de nombreuses initiatives, il défend aujourd’hui l’entrepreneuriat solidaire.
Quel est votre parcours ?
Après un double diplôme à l’ENS et à Stanford, j’ai travaillé dans la Silicon Valley ce qui m’a beaucoup inspiré. En France, les start-ups n’étaient alors pas aussi répandues.
Le concept de BlaBlaCar m’est venu lors d’un trajet en voiture, faute de place dans les trains, en constatant les sièges libres dans d’autres véhicules. Cette idée m’a immédiatement séduit car je me projetais comme utilisateur mais j’étais aussi convaincu par ses dimensions positives, à la fois économique, écologique et sociale.
Aujourd’hui, nous sommes le leader mondial du covoiturage avec 100 millions d’usagers dans 22 pays. J’ai d’ailleurs raconté cette aventure dans le livre « Mission BlaBlaCar – Les coulisses de la création d’un phénomène ».
Que faites-vous pour l’intérêt général ?
J’essaie de promouvoir l’entrepreneuriat français. En 2015, j’ai ainsi cofondé « Reviens Léon, on innove à la maison ! » afin de développer la communication autour de nos entreprises. Ce mouvement est à présent intégré à France Digital (2012), une association regroupant 2 000 start-ups et investisseurs pour donner une vision globale de la tech française. Nous organisons des salons de l’emploi, des remises de prix ou encore des journées d’échange entre professionnels pour créer de l’émulation et de l’entraide.
J’ai récemment fondé Dift, une société qui souhaite rendre la générosité normale. Cette plateforme permet d’offrir un don à une association petite ou moyenne. Bientôt les utilisateurs pourront avoir une page sur laquelle ils appellent leur entourage à apporter du soutien à une cause. En décembre, nous lancerons aussi Diftember, le mois de la générosité.
Que représente pour vous la Légion d'honneur ?
Qu’on le veuille ou non, cette décoration marque une étape. Cela nous uni à la Nation qui nous accorde sa reconnaissance. Je me suis dit que j’avais fait des choses pour aider mon pays et qu’il l’avait vu.