Décorée de la Légion d'honneur en 2016 pour sa carrière de journaliste, notamment sur les zones de conflit, Catherine Jentile de Canecaude continue de se battre pour les médias au sein de l’ARCOM (ancien CSA).
Quel est votre parcours ?
Mon père étant photographe de guerre et ma mère infirmière, régulièrement sur les zones de conflit, devenir grand reporter était sûrement dans mon ADN J’ai débuté comme stagiaire chez TF1 au service étranger. A la fin, ils ont « oublié » de me dire de partir donc j’y suis restée 30 ans ! J’ai travaillé longtemps sur les conflits puis j’ai été nommée correspondante au Royaume-Uni jusqu’au Brexit en 2016 avant de diriger le bureau de Washington pendant le premier mandat de Donald Trump. J’étais la première femme à occuper ce poste.
Depuis un an, je siège au collège de l’ARCOM. Nous sommes neuf membres, chacun présidant un groupe de travail. Je m’occupe de « pluralisme et de la déontologie de l’information » et j’interviens au sein du groupe pour la « protection des publics et de la diversité ».
Que faites-vous pour l’intérêt général ?
En tant que grand reporter, j’étais là où l’Histoire s’écrivait. C’est parfois difficile car la presse peut être prise pour cible mais pendant toutes ces années, j’ai vécu les questions de liberté. Des gens sont prêts à mourir pour avoir le droit à la parole et nous sommes là pour faire entendre leur voix.
Je voulais continuer à défendre la liberté d’expression à l’ARCOM où notre travail protège la démocratie et les citoyens. Nous traitons de sujets d’actualité comme le respect du temps de parole en période électorale ou la protection des mineurs face à la pornographie.
Que représente pour vous la Légion d'honneur?
Cette décoration est une reconnaissance du travail de plusieurs décennies comme grand reporter, notamment dans les pays où les journalistes locaux sont réduits au silence.
Elle honore aussi ceux avec lesquels j’ai travaillé surtout les personnes sur place qui nous aident. A la fin, nous rentrons mais elles restent et vivent dans des conditions difficiles souvent dangereuses, donc c’est important de leur rendre hommage.