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Une nature morte au masque mortuaire de Napoléon Ier

Armand-Auguste Fréret (1830-1919) Nature morte au masque mortuaire de Napoléon Ier

 

Le 5 mai 1821 s’éteignait Napoléon Ier, général de la Révolution, Premier consul puis empereur des Français entre 1804 et 1815.

À l’occasion des commémorations du bicentenaire de sa mort, le musée a entrepris la restauration de cette œuvre symbolique de la légende napoléonienne. Elle témoigne de l’engouement et de la fascination qui ont entouré « le petit caporal » dès sa disparition et qui ont perduré tout au long du XIXe siècle.   

Peu après le décès de Napoléon, des masques mortuaires sont réalisés à Sainte-Hélène et plusieurs artistes, tels Vernet ou Steuben, s’en inspirent pour donner plus de réalisme à leurs portraits de l’empereur défunt.

Plus rares sont en revanche les représentations du masque lui-même. Les premières apparaissent au début de la Monarchie de Juillet et parmi celles-ci figurent les gravures de Luigi Calamatta (Musée de la Vie romantique, Inv. CSR AG 288 ; Petit Palais, PPG18) dont l’une d’elle, datée de 1834, pourrait avoir inspiré le tableau présenté ici. Sur les deux œuvres, le visage de Napoléon est associé aux attributs habituels de la légende napoléonienne :
- La couronne de laurier
- Une décoration de grand aigle de la Légion d’honneur avec son cordon
- La célèbre épée de service, par Biennais, portée par Napoléon à Austerlitz et emportée à Sainte-Hélène
- À cela s’ajoute pour notre toile le sablier typique d’une nature morte funéraire.

La grande spécifié de cette œuvre est en revanche le lien qu’elle établit entre le premier et le second empire. La couronne représentée en arrière-plan à gauche, posée sur le manteau du sacre, n’est pas celle dite « de Charlemagne » utilisée pour le sacre de Napoléon Ier, mais bien celle de son neveu, Napoléon III, inspirée du sceau impérial de 1805 et réalisée en 1855 par Lemonnier. On pourrait y voir un manifeste politique légitimant la cause bonapartiste.

Ce petit tableau allégorique acheté par Maurice Bucquet avec plusieurs objets napoléoniens à un certain Nicolas est entré au musée de la Légion d’honneur par legs de toute sa collection en 1917.