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Réception des chevaliers dans l’ordre du Saint-Esprit, le 30 mai 1825

Nicolas Gosse (1787-1878)
Réception des chevaliers du Saint-Esprit dans la cathédrale de Reims le 30 mai 1825
Aquarelle – vers 1840
Don de Jean-Christophe Palthey, 2014, Inv. 010246

Le 30 mai 1825, au lendemain du sacre du roi Charles X, se déroule dans la cathédrale de Reims la traditionnelle cérémonie de réception des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit.

Première cérémonie de l’ordre depuis la Révolution française, elle revêt une grande importance symbolique : les nouveaux chevaliers peuvent enfin être reçus, l’ordre retrouve sa splendeur passée.

Supprimé par le décret du 30 juillet 1791, l’ordre du Saint-Esprit avait en effet survécu tant bien que mal en exil et reprit son essor avec le retour des Bourbons au pouvoir en 1814. Louis XVIII, monté sur le trône, est théoriquement le nouveau grand-maître ; mais, n’étant jamais parvenu à se faire sacrer, le roi ne peut statutairement pas recevoir de nouveaux chevaliers. Il se contente donc de nommer dans l’ordre les monarques étrangers vainqueurs de Napoléon, puis quelques chevaliers français, mais aucune cérémonie de réception ne sera organisée sous son règne.

Mort le 16 septembre 1824, Louis XVIII cède la place à son frère, Charles X, qui se fait sacrer le 29 mai 1825 et prête serment le lendemain comme chef et souverain grand-maître de l’ordre du Saint-Esprit.

Conscient de la portée symbolique de cet évènement, Louis-Philippe commande, quelques années plus tard au peintre Nicolas Gosse, un tableau représentant la cérémonie. Jamais réalisée, cette œuvre devait être exposée dans la salle consacrée au règne de Charles X du château de Versailles, devenu le musée réservé « à toutes les gloires de la France ».

 

Nicolas Gosse (1787-1878)
Réception des chevaliers du Saint-Esprit dans la cathédrale de Reims le 30 mai 1825

Aquarelle – vers 1840 - détail

 

Seule subsiste aujourd’hui cette esquisse préparatoire. On y retrouve au centre le roi Charles X assis sur un fauteuil, passant le collier autour du cou d’un nouveau chevalier. A sa droite sont représentés le Dauphin, le duc d’Orléans et le duc de Bourbon. Tous les quatre portent le grand manteau qui semble réservé, sous la Restauration, aux princes de sang et dont le musée expose un exemplaire déployé dans la salle des ordres royaux. Derrière le roi, un grand officier de l’ordre est représenté, tenant la formule du serment et à droite, l’huissier, Nicolas-Pierre Tiolier est reconnaissable à la masse qu’il possède entre les mains. Datant de l’Ancien Régime, cette masse est utilisée pour la dernière fois lors de cette cérémonie. Jugée trop lourde, elle sera remplacée par une plus légère en 1826, également exposée au musée.

La scène se déroule dans la cathédrale de Reims, qui, d’après le récit de François-Pierre Miel, « présentait à peu près le même aspect que le jour du sacre ». Seule a été rajoutée la frise représentant « la plaque du Saint-Esprit et le blason de chaque chevalier », visible à l’arrière plan de l’esquisse.

Demeurée dans les collections de Louis-Philippe, cette œuvre a été vendue en 1851 dans le cadre du règlement de sa succession. Elle passa ensuite dans les mains de divers collectionneurs privés avant d’être offerte au musée en 2014. Elle est aujourd’hui exposée dans la grande vitrine de la salle des ordres royaux, accompagnée des autres souvenirs de cette cérémonie.