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Portrait du général Foy

Horace Vernet (1789-1863) - Portrait du général Foy (1775-1825) - Huile sur toile. Signée et datée sur le côté droit : « H.Vernet, 1826 ». Don de Madame Elvire Popesco, épouse du comte de Foy, 1974, Inv. 06815

 

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Le 3 février 1775 naissait à Ham, dans la Somme, Maximilien-Sébastien Foy, célèbre général de l’Empire puis grand orateur de la chambre des députés sous la Restauration.

De ce « guerrier législateur », le musée possède un portrait posthume, exécuté en 1826 pour la famille du général par le peintre Horace Vernet.

Issu d’une famille de militaires – son père avait combattu à la bataille de Fontenoy – Maximilien-Sébastien Foy entre à 15 ans à l’école d’artillerie de La Fère. Sous-lieutenant en 1791, les guerres révolutionnaires lui permettent de faire ses premières armes. En 1801, il est colonel d’artillerie et Stendhal, qu’il côtoie en Italie, écrit de lui : « C'est un jeune militaire de petite taille et de la plus grande espérance, plein d'ambition et d'instruction ». Proche du général Moreau et républicain convaincu, il s’oppose au Consulat à vie puis à l’établissement de l’Empire, et n’obtient aucun avancement pendant 7 ans. En 1807, il rejoint à Constantinople la mission Sébastiani qui travaille à un rapprochement entre Français et Ottomans. Il y organise l’artillerie turque et se distingue lors de la défense des Dardanelles contre la flotte anglaise. Envoyé au Portugal, il s’illustre jusqu’à la fin de l’Empire dans les guerres péninsulaires. Il est nommé général de brigade en 1808 puis de division en 1810.

Rallié à Louis XVIII en 1814, il s’empresse pourtant de rejoindre Napoléon lors des Cent-Jours et reçoit sa 15e blessure à Waterloo. Pardonné, il est élu député sous la Restauration, et se rend célèbre grâce à ses talents oratoires. Le 30 décembre 1819, il prononce un discours sur la Légion d’honneur lors duquel il déclare : « il y a de l’écho en France lorsqu’on prononce ici les mots d’honneur et de patrie ! ». Il disparait en 1825 alors âgé de seulement 50 ans. Ses funérailles sont suivies par plus de 100 000 personnes, soit près d’un parisien sur sept. Elles furent par la suite qualifiées de « funérailles révolutionnaires » ou « funérailles libérales », car plusieurs opposants du régime y assistèrent.

 

Conservé dans sa famille, ce tableau fut offert au musée en 1974, accompagné d’une gravure du portrait, par Elvire Popesco, épouse du comte Foy. Au moins quatre autres versions furent exécutées par Horace Vernet, dont les premières en 1824, du vivant du général.

Représenté en uniforme de général de la Restauration, Foy arbore son insigne de la Légion d’honneur (officier du 14 juin 1804 puis commandeur du 9 janvier 1813) et sa plaque de grand-officier, reçue en juillet 1814 en même temps que son bijou de chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Il porte enfin la deuxième classe de l’ordre du Croissant turc qu’on lui a remise en 1807. Instituée par le sultan Selim III, cette distinction avait été conférée aux quelques trente participants à la mission Sébastiani.

Ce portrait fut gravement endommagé lors de l’attentat du 22 avril 1983. Restauré puis présenté en 1986 dans l’exposition « Science et Technique au secours de l’art », il est aujourd’hui exposé dans la salle des ordres étrangers. Il y témoigne de la précoce apparition des ordres ottomans dès le début du XIXe siècle.