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Les insignes du Lion de Norvège du président Emile Loubet

Insigne de chevalier de l’ordre du Lion de Norvège du président Emile Loubet (1838-1929)

Le 21 janvier 1904, Oscar II, roi de Suède et de Norvège, pour le jour de son anniversaire, instituait l’ordre du Lion de Norvège. Il souhaitait ainsi doter la Norvège d’un ordre de chevalerie de prestige à l’instar de l’ordre suédois des Séraphins.

Cette nouvelle distinction prenait également le pas sur l’ordre norvégien de Saint-Olaf, créé en 1847 par Oscar Ier, protocolairement inférieur au premier ordre suédois.

Ce prestigieux ordre fut cependant très éphémère. Il tomba en désuétude lors de la séparation de la Norvège et de la Suède le 26 octobre 1905 ; le nouveau roi de Norvège, Haakon VII, ne le porta pas, le laissa s’éteindre et l’abolit officiellement le 11 mars 1952.

L’ordre devait compter 12 chevaliers, compte non tenu de la famille royale et des souverains et chefs d’Etats étrangers.

En fait l’ordre ne fut décerné qu’à onze titulaires et ne comprit aucun chevalier norvégien. En dehors du roi Oscar II et des six princes de sa famille nommés le jour de la création, la liste des chevaliers se limite aux trois souverains d’Allemagne, d’Autriche et du Danemark : Guillaume II (27 janvier 1904), François-Joseph (5 avril 1904) et Christian IX  (10 septembre 1904) et au président de la République Française, Emile Loubet, nommé chevalier le 1er décembre 1904 et dont le musée présente les insignes.
En retour, les princes Gustave-Adolphe et Guillaume de Suède reçurent la grand’croix de la Légion d’honneur, le 18 décembre 1904. Le roi Oscar II en était déjà décoré depuis le 31 mai 1856 en tant que prince héritier.

Emile Loubet avait déjà reçu l’ordre des Séraphins en avril 1899, lors de la visite officielle du roi de Suède et de Norvège en France.

Les insignes du Lion de Norvège furent dessinés par  Torolf Prytz  (1858-1938) architecte et orfèvre norvégien, et fabriqués par la maison de joaillerie qu’il dirigeait,  Tostrup Kristiania. Ils se composent d’un collier alternant le monogramme du roi, un O couronné et des lions, d’un grand cordon et d’une plaque. Le pendentif est formé d’un médaillon ovale en or, cerclé de feuillages portant à l’avers, sur champs d’émail rouge le lion rampant brandissant la hache de Saint-Olaf et au revers la devise de l’ordre : OVER DYBET MOD  HØIDEN (des profondeurs vers les hauteurs). La plaque, composée de huit branches émaillées blanc, porte en son centre le lion de l’ordre dans une couronne de feuillages ceinte d’une réduction du collier. Elle est signée par le fabricant au revers. Le cordon était en soie moirée bleue avec des bandes latérales rouges et blanches.

Il ne fut fabriqué que 11 ensembles d’insignes, la plupart conservées au château royal de Stockholm, un seul restant à Oslo.
Si le collier d’Emile Loubet est aujourd’hui non localisé, l’insigne et la plaque ont pu être acquis en 2015 par le musée, dans leur écrin d’origine, grâce au soutien de sa Société des Amis, et sont aujourd’hui exposés dans la salle des ordres étrangers.