T- T+

La Médaille militaire de Jean Moulin

Médaille militaire de Jean Moulin (1899-1943)
Argent, vermeil et émail
Don de Melle Moulin, 1948, Inv. 04340

Le 8 juillet 1943 disparaissait Jean Moulin, en gare de Metz, des suites de la torture et des mauvais traitements qui lui ont été infligés. Surnommé « le chef du peuple de la nuit », il est le symbole de la Résistance française.

Témoignage émouvant de ce héros national, la Médaille Militaire de Jean Moulin est aujourd’hui conservée au musée de la Légion d’honneur. Le décret qui l’accompagne résume à lui-seul ses faits d’armes : « Organisateur et unificateur de la Résistance, exemple d’indomptable courage, modèle rayonnant de sagesse et de cœur, inspirateur exaltant d’espérant. A commandé en chef devant l’occupant. Tombé le 21 juin 1943 aux mains de l’ennemi, qui l’a torturé et assassiné. (…) Héros légendaire sous les pseudonymes de Rex, Régis, Max. Appartient désormais à l’histoire et à la vénération du pays sous son vrai nom, Jean Moulin ».

Licencié de droit, Jean Moulin est en 1925, à Albertville, le plus jeune sous-préfet de France puis en 1937 à Rodez le plus jeune préfet. Membre du cabinet de Pierre Cot, ministre de l’Air, il fait ses premières expériences de la clandestinité en approvisionnant secrètement les républicains espagnols.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est préfet de l’Eure-et-Loir à Chartres. Il s’y distingue une première fois en demeurant à son poste et en accueillant les réfugiés puis en refusant de signer un témoignage déshonorant des soldats français. En novembre 1940, il est révoqué par Vichy comme préfet de gauche. En septembre 1941, il rejoint Londres et rencontre Charles de Gaulle, qui, très vite convaincu de ses capacités, lui confie la mission de rallier et d'unir les mouvements de résistance en métropole et de créer une Armée secrète en séparant le militaire du politique.  

De retour en France en janvier 1942, il est maintenant le représentant du général et mène à bien sa mission. Ses actions aboutissent bientôt à l’unification des différents mouvements de résistance et à la reconnaissance du général de Gaulle comme le seul chef politique de la France combattante.

Le 27 mai 1943 se réunit pour la première fois le Conseil national de la Résistance au 48 rue du Four à Paris. Moins d’un mois plus tard, à la suite d’une dénonciation, Jean Moulin est arrêté lors d’une nouvelle réunion à Caluire.

Déposées au cimetière du Père Lachaise, ses cendres furent transférées au Panthéon le 19 décembre 1964.

Déjà chevalier de la Légion d’honneur depuis le 25 février 1937, Jean Moulin avait été nommé Compagnon de la Libération le 17 octobre 1942. A titre posthume, il est promu officier de la Légion d’honneur le 1er octobre 1945 puis reçoit la Médaille Militaire le 5 octobre 1946. Il est ainsi l’une des principales figures parmi les quelques 300 000 récipiendaires de cette distinction au cours du second conflit mondial.

Très logiquement, l’insigne de Jean Moulin correspond au modèle républicain mis en place après 1870. À l’avers figure l’effigie de la République en Cérès entourée de la Légende « République française 1870 » (la date « 1870 » fut remplacée par un motif floral en 1951) et la bélière a pris la forme d’un trophée militaire.
 

 

La Médaille Militaire de Jean Moulin fut offerte au musée en 1948 par sa sœur Laure suite à la demande du général Dassault qui souhaitait recueillir d’importants témoignages afin de créer un espace dédié à la Seconde Guerre mondiale. Ainsi écrit-il à Laure Moulin pour la remercier de ce don, le 12 février 1948 : « Cette émouvante relique sera conservée pieusement audit musée et exposée dans la Salle de la Guerre 1939-1945 où elle contribuera efficacement à perpétuer le souvenir d’un des plus grands drames de notre histoire nationale ».

Elle est toujours exposée dans cette salle aujourd’hui.