T- T+

Insigne d’officier de la Légion d’honneur de Félix Eboué

Insigne Or, argent et émail 1937 Don de Mme Eboué, 1949

 

 

Le 26 août 1940, à Fort-Lamy, le gouverneur Félix Eboué proclamait le ralliement officiel du Tchad au général de Gaulle. Cet acte est d’une grande importance politique puisqu’il s’agit alors du premier territoire à rejoindre la France Libre.

Le musée conserve la croix d’officier de la Légion d’honneur arborée par ce résistant de la première heure jusqu’à sa disparition en 1944.

Né en 1884, Félix Eboué est originaire de Cayenne, en Guyane française. Passionné par l’Afrique, il entre à l’Ecole coloniale en 1906. Il est nommé élève administrateur puis administrateur adjoint des colonies et est muté en Oubangui-Chari, en Afrique équatoriale française.

Novateur et progressiste, il va s’y distinguer pendant vingt ans par son investissement dans le développement des infrastructures (routes, écoles, etc.), mais également par sa volonté de connaitre et comprendre les cultures locales. Pour son action, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 23 février 1927.

Nommé administrateur en chef en 1930, il occupe plusieurs postes en Martinique, au Soudan français puis en Guadeloupe, où sa politique de conciliation et d’apaisement des conflits locaux lui vaut d’être promu officier de la Légion d’honneur le 12 juin 1937. 

Peu après, en juillet 1938, il est envoyé au Tchad comme gouverneur de 2e classe. Comprenant qu’un nouveau conflit avec l’Allemagne est inévitable, il fait moderniser les équipements routiers et militaires. Ce sont ces mêmes routes qui permettront aux troupes du général Leclerc en janvier 1941 de remonter sans encombre vers l’Afrique du Nord.

Après la défaite de 1940, Félix Eboué refuse toute idée d’armistice. Très hostile au gouvernement de Vichy, il prend contact avec la France Libre dès le mois de juillet. Le 24 août, René Pleven et Colonna d'Ornano sont envoyés par le  général de Gaulle afin d’officialiser le ralliement du Tchad, ce qui est chose faite deux jours plus tard. Cet exemple est très rapidement suivi par la quasi-totalité de l’Afrique équatoriale française et du Cameroun. Par ailleurs, l’estime que le général de Gaulle lui porte permet à Eboué de continuer à mettre en place ses théories dans l’administration des colonies. La plupart de celles-ci sont adoptées lors de la conférence de Brazzaville en 1944.

 

Insigne d’officier de la Légion d’honneur de Félix Eboué (1884-1944)

 

Fatigué et malade, il disparait cependant le 17 mai 1944. Le 20 mai 1949, il est inhumé au Panthéon.

Pour son action durant la Seconde Guerre mondiale, Félix Eboué est l’un des premiers récipiendaires, le 29 janvier 1941, du tout jeune ordre de la Libération, fondé par le général de Gaulle.

Dès la fin de la guerre, le général Dassault, grand chancelier de la Légion d’honneur, demanda à la veuve de l’ancien gouverneur du Tchad de faire don d’une décoration permettant d’évoquer dans le musée les personnalités « qui ont conduit notre armée à la victoire et à la libération de notre pays ».  Cette dernière lui fit parvenir la croix d’officier de la Légion d’honneur de son défunt mari, expliquant dans la lettre qui l’accompagnait : « elle a roulé dans les sables des confins du Tchad en 1940 et a connu toute l’épopée de 1939 à 1944. ».

Cet insigne est encore aujourd’hui exposé dans l’espace consacré à la Seconde Guerre Mondiale