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Collier de l’ordre de la Rose du Brésil

Collier et plaque

3e quart du XIXe siècle – Or et émaux

Collection de l’Ambassadeur Antonio B. Spada

 

Le 17 octobre 1829, Pierre Ier, empereur du Brésil, instituait l’ordre de la Rose à l’occasion de son mariage avec Amélie, princesse de Leuchtenberg et Eichchstaedt.

De la maison de Bragance, Pierre Ier est le quatrième fils du roi du Portugal Jean IV. Né à Lisbonne en 1798, il est contraint dès son plus jeune âge de quitter le Portugal avec sa famille, face à l’invasion du pays par la Grande Armée. Il passe sa jeunesse au Brésil, qui devient son pays d’adoption. Alors que le reste de sa famille rentre au Portugal en 1821, il demeure au Brésil, dont il est nommé régent par son père. Il proclame  l’indépendance du pays dès le 7 septembre 1822 et se fait couronner empereur le 12 octobre.

Après le décès de sa première épouse, Marie-Léopoldine d’Autriche, en 1826, Pierre Ier se remarie avec Amélie de Leuchtenberg, fille du défunt prince Eugène de Beauharnais.

L’ordre de la Rose, créé à cette occasion, est le troisième du pays, après l’ordre de la Croix du Sud, institué le jour de son couronnement, et l’ordre de Pierre Ier, créé en 1826.

Ordre romantique, il avait pour but de « perpétuer par une institution utile la mémoire d'une époque heureuse et en conserver le souvenir à la postérité ».  Il récompense la fidélité à l'Empereur et les services civils ou militaires rendus à l'État tant des Brésiliens que des étrangers.

Statutairement, il est divisé en six classes : 16 grands-croix (8 titulaires et 8 honoraires), 16 grands dignitaires, 32 dignitaires et un nombre illimité de commandeurs, officiers et chevaliers. Très populaire dès sa création, il fut généreusement distribué par son fondateur puis par son fils Pedro II, notamment lors de la guerre contre le Paraguay.

S’il rencontre un grand succès, c’est surtout grâce à la beauté et l’originalité de ses insignes. Il est amusant de rappeler que la rose était l’une des fleurs particulièrement appréciées par l’impératrice Joséphine de Beauharnais, dont Amélie est la petite-fille.

Longtemps attribuée au peintre Jean Baptiste Debret (1768-1848), auteur du dessin de l’ordre de Pierre Ier, la décoration aurait finalement été imaginée par un autre artiste français, Eugène Marie de la Michellerie (1802-1875), établi au Brésil depuis 1826.

Le collier présenté ici est réservé aux grands-croix. Il est accompagné d’une plaque et d’un insigne suspendu à un ruban rose bordé de blanc. Le médaillon central est orné des initiales enlacées de Pedro et Amelia, entourées de la devise « Amor e Fidelidade » (« Amour et Fidélité ») ponctué d'un lac d'amour, sur fond d'émail bleu. Le revers porte les dates de fiançailles et les prénoms des souverains. Les maillons du collier sont constitués d’une alternance de roses en reliefs et d’écus ornés du même monogramme « PA ».

Aboli en 1891 à la chute de l’empire brésilien, l'ordre de la Rose revit depuis 1946 sous la forme de la plus haute distinction brésilienne : l'Ordre national du Mérite, qui reprend le motif des roses, une sphère armillaire remplaçe les monogrammes impériaux.

Le collier et la plaque ainsi que d’autres insignes sont exposés dans l’espace consacré aux ordres brésiliens de la salle des ordres étrangers.