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La Médaille militaire du maréchal Foch

Médaille militaire du maréchal Foch (1851-1929)

Or, argent, brillants et émail

Achat du musée, 1960, Inv. 05727

Le 21 décembre 1916, le général Ferdinand Foch (il ne sera nommé maréchal que le 6 août 1918) recevait la Médaille militaire. Le musée conserve parmi les souvenirs de la Première Guerre mondiale une version de la décoration en joaillerie, enrichie de brillants, qu'on lui fit faire après le conflit.

Instituée par Louis-Napoléon Bonaparte, prince-président, le 22 janvier 1852, la Médaille militaire était initialement destinée à récompenser les sous-officiers et soldats du rang qui ne se voyaient que rarement décerner la Légion d’honneur. Le neveu de Napoléon Ier  déclare ainsi lors de la première remise de l’insigne, le 21 mars 1852, qu'il regrettait « de voir des soldats et des sous-officiers rentrer dans leurs foyers sans récompense, quoique par la durée de leurs services, par des blessures, par des actions dignes d’éloges, ils eussent mérité un témoignage de la patrie. »

Cette décoration n’acquiert cependant de réelle notoriété qu’après la décision du 13 mars 1852 qui en fait la récompense suprême des officiers généraux ayant combattu en chef devant l’ennemi. Poincaré vantera plus tard les mérites de « cette simple et glorieuse médaille qui est l’emblème des plus hautes vertus militaires et que portent avec la même fierté généraux illustres et modestes soldats ».

La forme de l’insigne, surmonté d’un aigle impérial, fut fixée par le décret du 29 février 1852. Au centre de l’avers figure l’effigie du prince-président et au revers, la devise « Valeur et discipline ». Son ruban, jaune liseré vert, rappelle celui de l’ordre de la Couronne de fer créé par Napoléon en 1805 pour le royaume d’Italie.

A la chute du Second Empire, la Médaille militaire fut conservée par la IIIe République. Seule sa symbolique fut modifiée. À l’avers, figure dorénavant comme sur les insignes de la Légion d’honneur, l’effigie de la République en Cérès entourée de la légende  « République française 1870 » (la date « 1870 » fut remplacée par un motif floral en 1951,) et la bélière a pris la forme d’un trophée militaire.

La Médaille militaire de Foch occupe une place particulière parmi les nombreuses distinctions reçues par le maréchal dont la plupart sont aujourd’hui conservées au musée de l’Armée. En effet, lorsque le général Nivelle lui téléphone pour le prévenir qu’il va recevoir la Médaille militaire, il l’informe également de sa mise en disponibilité, ainsi que de celle de Joffre. Les deux officiers généraux furent en effet écartés du commandement après deux premières années de guerre entachées de lourdes pertes humaines. Plus qu’une récompense, cette distinction fait donc figure de compensation.

C’est Lyautey qui le décore  le 19 février 1917 à Moncel-lès-Lunéville, en présence des 26e et 79e régiments et d’un régiment de cavalerie du 2e corps.

Cette période difficile permit néanmoins à Foch de se rapprocher de Clemenceau qui lui écrivit notamment, " cher ami, dans l'épreuve on se serre, avec vous je suis frappé". Cela lui vaudra d’être nommé en mai 1917 chef d’état-major général. Devenu généralissime des armées alliées puis maréchal de France en 1918, il est le héros de la fin de la Grande Guerre.

Foch arbora presque quotidiennement sa Médaille militaire réglementaire, dont on a aujourd’hui perdu la trace, aux côtés de sa Croix de guerre et de sa plaque de grand’croix de la Légion d’honneur.

Le modèle de joaillerie enrichi de brillants, présenté ici, lui fut offert après la guerre par l’association des médaillés militaires, dont il fut le président. Il est très probable qu’il ne la porta qu’à l’occasion de sa réception ou lors des réunions de cette association. Le musée conserve également un exemplaire très similaire fabriqué par Charles Billard et offert au maréchal Joffre qui fut également président de l’association.

Elle fut acquise par le musée auprès des descendants de Foch en 1960 accompagnée d’une Croix de guerre de joaillerie offerte par la Guadeloupe. Elle est depuis exposée au premier étage du musée aux côtés des décorations des autres grands généraux de la Première Guerre mondiale.