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Portraits de décorés

Pierre Auguste Renoir

Pierre Auguste Renoir est probablement aujourd'hui le plus accessible des grands peintres par sa simplicité d’expression, la gaieté de ses couleurs et de ses thèmes. Pourtant, la reconnaissance vient tardivement et Pierre Auguste Renoir connaît la misère. Le jeune peintre s'inscrit en 1862 à l'Ecole des beaux-arts puis à l'Académie Gleyre où il fait la connaissance de Frédéric Bazille, Claude Monet et Alfred Sisley. Ils travaillent ensemble en plein air, à Barbizon ou dans les guinguettes, étudiant la lumière et l'eau. Ils fondent l'un des courants majeurs de cette fin de siècle : l'impressionnisme. Boudés par le Salon officiel, les peintres décident d'organiser une exposition parallèle le 15 avril 1874. Trente artistes y participent dont Paul Cézanne, Edgar Degas, Claude Monet, Alfred Sisley et Pierre Auguste Renoir. La critique se déchaîne, on les traite de fous et de barbouilleurs. C'est un échec, la manifestation ne reçoit que 3 500 visiteurs. Pierre Auguste Renoir décide finalement de revenir vers le Salon officiel. Pour gagner sa vie, il exécute alors de nombreuses commandes, décorations et surtout des portraits de femmes et d’enfants tout en ne cessant d'étudier Raphaël et Ingres, ce qui l'amène à s'éloigner de l'impressionnisme. Lorsqu’il commence sa « période nacrée » vers 1888, la reconnaissance arrive. L'Etat français fait l'acquisition de Jeunes filles au piano en 1892. À 51 ans, Pierre Auguste Renoir est le premier impressionniste à entrer au musée du Luxembourg, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1901.

En 1907, il achète le domaine des Collettes à Cagnes. Malade, il ne perdra jamais le goût de peindre malgré ses mains déformées. Dans la production particulièrement intense et abondante de la période, se détache les Baigneuses, charnelles et exquises. En 1911, il devient officier de la Légion d’honneur puis commandeur en 1919, année durant laquelle son talent et sa gloire sont alors à leur apogée. Sa toile Madame Georges Charpentier et ses enfants est exposée au Louvre. Il se rend à Paris, veut revoir cette toile du passé, riche de souvenirs d'une époque difficile pour les impressionnistes. Il visite le musée où il est reçu « comme un pape de la peinture ». Il meurt peu après, le 3 décembre 1919, à 68 ans.