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Portraits de décorés

Jacqueline de Romilly

Jacqueline David (1913-2010) a un an lorsque son père meurt en 1914 sur le front. Pupille de la Nation, elle est élevée par sa mère, auteur de romans. Elle décroche le premier prix de version latine et le deuxième prix de version grecque au Concours général, alors que les candidatures féminines sont autorisées pour la première fois. Elle poursuit ses études au lycée Louis-le-Grand et elle est reçue à l'Ecole normale supérieure, parmi deux femmes admises. Agrégée des Lettres, elle part enseigner au lycée de jeunes filles de Bordeaux en 1939. La législation antisémite du gouvernement de Vichy l'oblige à quitter l'enseignement, qu'elle reprendra dès la fin de la guerre. En zone libre, elle se consacre à sa thèse, soutenue en 1947, Thucydide restant son auteur et sujet d'étude favori.

Helléniste reconnue internationalement, Jacqueline de Romilly a consacré sa carrière universitaire et de nombreux livres à la philologie, la littérature, l'histoire des idées et la pensée grecques (La Tragédie grecque, Précis de littérature grecque, Homère...). Elle a publié plusieurs essais sur l'enseignement et la pédagogie (L'Enseignement en détresse, Lettre aux parents sur les choix scolaires...). Elle est aussi l'auteur d'une œuvre romanesque (Ouverture à cœur, Les œufs de Pâques, Laisse flotter les rubans...). A la fin de sa vie, elle se consacre à la défense des enseignements littéraires au sein du système français d'éducation. Grand croix de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, membre de l'Académie française, elle est aussi la première femme professeur au Collège de France.

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© Académie française