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Le portrait de Georges Guynemer

Portrait de Georges Guynemer (1894-1917)
Huile sur toile signée « Lucien »
Don du général Raymond L.M. Debord, 2000, Inv. 09057

Le 11 septembre 1917 disparaissait le plus célèbre des « as » français de la Première Guerre mondiale, le capitaine Georges Guynemer, fort de 53 victoires homologuées aux commandes de son avion, le « Vieux Charles ».

« Combien il lui a fallu d’efforts opiniâtres pour avoir le droit d’endosser l’uniforme », rappelle pourtant le général de brigade aérienne Raymond Léon Debord, donateur en 2000 du portrait présenté ici.

Le jeune Georges est en effet de santé fragile et en 1914, il est cinq fois réformé par le conseil de révision. Même les efforts de son père, ancien officier de Saint-Cyr, ne lui permettent pas d’intégrer l’armée. Il rejoint donc la toute jeune aviation et s’engage au titre du service auxiliaire, le 22 novembre dans le but de devenir élève pilote. Là encore, malgré des débuts difficiles - il casse beaucoup d’avions à l’atterrissage - il obtient le 26 avril  1915 son brevet de pilote militaire.

Démarre alors une carrière qui fait de lui le plus célèbre des pilotes français de la Grande Guerre, tel qu’en témoigne le portrait présenté ici, peint d’après une photo prise au début de l’année 1917. On retrouve sur sa poitrine l’insigne de l’escadrille des cigognes dans laquelle il est affecté le 8 juin 1915 et la fourragère de la croix de guerre reçue par cette unité.

Sa propre croix de guerre, obtenue le 30 septembre 1915, compte 19 palmes symboles des nombreuses citations à l’ordre de l’armée reçues (21 à sa mort). Il arbore également la Médaille militaire (aujourd’hui conservée au musée de l’Armée), obtenue le 21 juillet 1915, deux jours après sa première victoire aérienne et la croix de chevalier de la Légion d’honneur, remise par le président Poincaré le 24 septembre 1915, jour de sa majorité.

En plus des nombreux combats aériens au-dessus des champs de bataille de Verdun en 1916 (où il blessé par des éclats d’obus) ou de la Somme en 1917, Guynemer effectue de nombreuses missions spéciales, consistant parfois à se poser derrière les lignes ennemies. Deux décorations étrangères témoignent de la notoriété du pilote auprès de nations alliées : la croix de 3e classe de l’ordre impérial et militaire de Saint-Georges (le ruban de cet ordre russe est en réalité constitué d’une alternance de bandes oranges et noires) et la croix de chevalier de l’ordre de Danilo (Monténégro). Par la suite, il recevra l’ordre de Léopold (Belgique), la croix de guerre belge, le Distinguished Service Order britannique, l’ordre de Michel le Brave (Roumanie) et l’ordre de l’Etoile de Karageorges (Serbie).

Promu capitaine en 1917, puis nommé à la tête de l’escadrille de cigognes, Georges Guynemer devient officier de la Légion d’honneur le 11 juin 1917. Son insigne lui est remis par le général Franchet d’Espèrey sur le terrain de Bonnemaison. Trois mois plus tard, le 11 septembre, il effectue une ultime mission de reconnaissance, au cours de laquelle il disparait dans des circonstances mystérieuses. Ni son corps ni son épave ne furent retrouvés dans le no man’s land.

Sa dernière citation, posthume, rend hommage à un « héros légendaire tombé en plein ciel de gloire après trois ans de lutte ardente », qui « lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l’esprit de sacrifice et les plus nobles émulations. »

Ce tableau est exposé dans l’espace de la Première Guerre mondiale, au-dessus de la croix d’officier de la Légion d’honneur du pilote, offerte en 1924 pas la mère du héros à la demande du général Dubail, pour le  musée.